Essais cliniques sur des patients transplantés en Chine: La DB interpelle les dirigeants de Roche sur une pratique scandaleuse
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Bâle, le 2 mars 2010 - A Bâle se tenait aujourd’hui l'assemblée générale de Roche. Présente dans la salle, la Déclaration de Berne (DB) a interpellé la direction de Roche, pour demander à l’entreprise de mettre un terme aux essais cliniques que l’entreprise pharmaceutique mène en Chine pour tester l’efficacité de son médicament antirejet CellCept. Dans ce pays, plus de 90% des organes transplantés proviennent de condamnés à mort et Roche elle-même avoue ne pas être en mesure d’attester de l’origine des organes concernés par ses études. Une pratique en violation de l’éthique médicale que les actionnaires ont également été invités à ne pas cautionner.

En janvier dernier, Roche se voyait décerner deux Prix de la «honte» lors des Public Eye Awards, le contre-sommet critique au Forum économique mondial (WEF) organisé à Davos par la Déclaration de Berne et Greenpeace Suisse. Quelque 6000 internautes votaient alors pour dénoncer les essais cliniques que l’entreprise bâloise mène en Chine, dans un contexte de totale opacité. Dans ce pays, où la peine de mort est appliquée pour quelque 70 délits, 90% des organes transplantés proviennent de prisonniers exécutés et les avocats chinois eux-mêmes s’inquiètent de l’impact des demandes d’organes sur le nombre d’exécutions.

A plusieurs reprises, Roche a affirmé ne pas être responsable de la provenance des organes. La société bâloise soutient qu’elle fait le nécessaire en respectant les réglementations chinoises et les principes éthiques promulgués par les organismes internationaux de référence. Or, celles-ci sont opposées au prélèvement d’organes de prisonniers, le consentement libre et sans contrainte ne pouvant être garanti dans un univers carcéral. Face aux dirigeants et actionnaires, Patrick Durisch, responsable du programme santé à la Déclaration de Berne, a rappelé que «le groupe pharmaceutique a non seulement une obligation morale, mais également la charge de la preuve visant à s’assurer que les organes greffés sur les participants de l’étude sont conformes aux principes éthiques.»

D’un point de vue médical, la pertinence même de ces essais est discutable. Plus qu’une amélioration pour les patients, ces essais cliniques s’apparentent à une opération marketing ciblant les professionnels chinois de la transplantation.

La DB a demandé à la direction de Roche de mettre un terme à ces essais cliniques scandaleux, pour lesquels l’entreprise recrute toujours des participants après un arrêt momentané entre mi-janvier et mi-février. A l’extérieur, l’ambassadeur du Public Eye, le rappeur bernois Greis, a tenté de remettre les fameux sésames aux dirigeants, sans succès. Roche a choisi d’ignorer les protestations des milliers de personnes qui condamnent ces pratiques contraires à l’éthique médicale et aux droits humains.

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