Le barrage d'Ilisu (Turquie)
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Début 2010, le gouvernement turc a lancé le chantier du barrage hydro-électrique d’Ilisu, l’un des plus controversés au monde. Cette centrale doit fournir 2% de la production turque d’électricité.


Ce barrage sur le Tigre créera un lac artificiel de près 350 km2 et causera des dommages irréversibles:

  • Plus de 60'000 personnes vont perdre leurs terres. Leurs habitations, champs et moyens de subsistance vont être inondés. L’effet sur la cohésion sociale de leur communauté sera dévastateur.
  • 200 sites antiques seront détruits, ainsi que d’innombrables constructions historiques avec leurs ornements et leurs fresques inestimables, reflétant dix mille ans d’histoire dans la région.
  • Le site exceptionnel d’Hasankeyf sera perdu à jamais.
  • La préservation de la région autour d’Hasankeyf est une préoccupation majeure pour les défenseurs des sites historiques. Cette région devrait être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malheureusement la Turquie impose son veto sur cette question.
  • La grande biodiversité de la flore et de la faune du Tigre sera décimée. Entre autres, la tortue à carapace molle, espèce en voie de disparition, subira la destruction de son espace vital unique.
  • Le barrage d’Ilisu détruira l’agriculture traditionnelle en Irak et en Syrie, qui dépend des crues annuelles du fleuve. Les années sèches, le barrage mettra en péril l’approvisionnement en eau des pays voisins de la Turquie et déstabilisera durablement les relations diplomatiques dans la région.

Des années de lutte

La lutte autour de ce barrage, planifié dans les années 1980 par les autorités turques, fait rage depuis de nombreuses années. Un premier projet échoua en 2002 suite aux nombreuses protestations internationales, dont celles de la Déclaration de Berne. En effet les entreprises suisses de construction ainsi que l’UBS, qui étaient intéressé à participer à l’opération, durent se retirer du projet pour des raisons écologiques et sociales.

En 2005, lors de la relance du projet par le gouvernement turque, plusieurs entreprises suisses manifestèrent à nouveaux un intérêt à travailler sur ce projet, il s’agissait notamment d’Alstom, de Stucki, de Colenco et de Maggia. Ces entreprises demandèrent une garantie contre les risques à l’exportation (GRE) à l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation, qui leur a été accorée en 2007. Toutefois, suite aux vives protestations de la Déclaration de Berne et des différents acteurs de la campagne internationale contre le barrage, l’obtention de cette garantie fût conditionnée au respect d’un catalogue de près de 150 normes sociales et environnementales dans la réalisation du projet. Cette condition fût également imposée en Autriche et en Allemagne.

Lorsqu’en juillet 2009 la Turquie se montra incapable de respecter les standards internationaux s’appliquant aux barrages et d’appliquer les conditions imposées par les pays européens, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche retirèrent leurs garanties à l’exportation pour le projet. La Déclaration de Berne salua chaleureusement cette décision clairvoyante tout en maintenant sa vigilance, car malheureusement le projet ne fût pas abandonné pour autant. 2010 a vu le démarrage du chantier et les premières conséquences désastreuses qui en découlent.
  Dernier rapport d'expert accablant pour les constructeurs du projet (03.08.2008)
  Commentaires et appels de la région d'Ilisu
  Consulter les différents rapports d'experts sur le projet
Les documents de la DB sur le barrage d'Illisu :
13.12.10   Barrage d’Ilisu : la «remise des clés» ne débute pas avec des réinstallations...
07.06.10   Nouveau scandale dans le projet Ilisu 
26.02.10   La Turquie veut construire le barrage d’Ilisu par ses propres moyens 
05.06.09   Conférence internationale sur Ilisu 

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12.12.06   37000 signatures récoltées contre le barrage d'Ilisu 

  Barrage d'Ilisu: la Turquie détrône la Chine

Autres documents :



Pour en savoir plus

Dossiers apparentés

Le site de la campagne internationale Stop Ilisu
La Déclaration de Berne est la représentante en Suisse de cette campagne